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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 07:59

Tribune parue dans Libération, mardi 8 avril 2013

Une nouvelle fois, la France s’apprête à revoir sa législation sur le port du voile après l’avoir modifiée à plusieurs reprises ces dernières années. Cette inflation législative ne s’observe dans aucun autre pays, alors même que la France dispose déjà d’une des législations les plus restrictives au monde. L’universalisme français au nom duquel sont invoqués les principes républicains est de moins en moins universel et de plus en plus français ! Le débat récurrent sur le port du voile n’apparaît pas tant comme le signe d’une montée inexorable du communautarisme que comme le symptôme d’une crispation identitaire de la société française. C’est bien l’incapacité d’une partie de la France à se penser comme une société ouverte et tolérante qui explique cette volonté obsessionnelle de rendre toujours plus invisibles les signes d’appartenance à la religion musulmane. Dans ce contexte, légiférer à nouveau, suite à l’affaire Baby-Loup, ne fera qu’alimenter un peu plus la chaudière à produire de l’exclusion. Ce que veulent les partisans d’une nouvelle législation sur le port du voile, c’est une extension de l’interdiction bien au-delà des crèches bénéficiant de financements publics. Il suffit de lire les propositions de loi déposées par la droite qui préconisent la suppression du port du voile au travail et dans l’espace public pour s’en convaincre. On peut, dès lors, douter de la capacité du gouvernement à trouver un consensus sur ce sujet comme l’a souhaité le président de la République. Et, même s’il était trouvé, il ne serait qu’une étape supplémentaire pour ceux qui veulent, en réalité, accroître toujours plus le champ de l’interdiction du port du voile. Il n’y a pas d’apaisement possible dans ce domaine car la logique à l’œuvre est celle d’une surenchère permanente.

C’est pour cette raison qu’il faut récuser l’argument selon lequel «il ne faut pas laisser la défense de la laïcité à Marine Le Pen». Cet argument, outre qu’il légitime l’opération de captation de la notion de laïcité par l’extrême droite, ne peut conduire qu’à l’alignement sur les positions les plus radicales. La réponse au malaise identitaire que connaît notre pays ne réside pas dans un nouveau durcissement de la loi sur le port du voile. Elle passe par la réaffirmation du principe de laïcité devenu l’instrument de toutes les manipulations. La laïcité n’est pas un principe d’exclusion ou de stigmatisation. Elle est au contraire un cadre qui garantit la possibilité de vivre ensemble. Pour l’avoir laissé galvauder, la gauche risque de se retrouver à la remorque des démagogues. Elle a pourtant intérêt à reprendre une attitude offensive dans ce domaine car tout indique que la crispation de la société française, même si elle est une réalité, est limitée dans l’espace et dans le temps. Des indicateurs, comme le nombre de mariages mixtes ou la plus grande tolérance des jeunes générations à l’égard de l’immigration, montrent une société plus ouverte qu’on ne le dit. C’est sur ces tendances d’avenir que la gauche doit s’appuyer et non pas sur les tendances mortifères du repli hexagonal.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 20:32

Dans son dernier livre,* François Bayrou s’interroge sur la place de la vérité en politique. C’est une question que tout être politique, « normalement » constitué et plongé dans le système politique français ne peut manquer de se poser. C’est une question qui manifestement hante notre auteur qui y voit l’origine du déclin de notre pays, incapable d’affronter la réalité, trompé par ses dirigeants, mais aussi, une interrogation sur la politique telle qu’elle se fait et dont il s’est distancié au prix de l’échec. 

François Bayrou fustige le théâtre d’ombres qu’est devenu la politique française. Le rapport à la vérité n’y est qu’accessoire ; « on gagne après on voit », selon une des nombreuses formules prêtée à Jacques Chirac, expert en la matière. A juste raison, François Bayrou montre comment le mensonge permanent sur l’état de la France et les promesses de campagne inconsidérées, corrodent la démocratie et font le lit des extrêmes. Dans ce tir groupé François Bayrou prend, cependant, garde de ne pas mettre tout le monde dans le même sac. S’il a voté François Hollande, ce dont il n’a pas été payé de retour, constate t-il, sans surprise, mais avec une pointe d’amertume, c’est qu’il fallait impérativement tourner la page Sarkozy. C’est aussi qu’il fonde des espoirs en François Hollande, pour peu que celui-ci adopte une démarche « de vérité » plus claire et plus affirmée. La crise est profonde et les français y sont prêts. Au moment où les interrogations se font jour sur le cap présidentiel et gouvernemental, on ne peut que rejoindre François Bayrou dans son exhortation. En ajoutant que l’Exécutif dispose à l’Assemblée nationale d’une majorité relativement cohérente avec les socialistes et les écologistes qui le met à l’abri des surenchères de la gauche radicale et du centre droit. Sur ce plan, une réforme des institutions est, certes, nécessaire pour garantir le pluralisme à l’Assemblée nationale et la présence de grandes voix qui n’y sont pas, mais il ne faut pas perdre de vue la nécessité de garantir une majorité au gouvernement.

Au-delà de l’analyse politique de la situation actuelle qu’il propose, l’intérêt du livre réside dans la réponse, finalement plus ambiguë qu’il n’y paraît, que donne François Bayrou à la question du rapport entre la vérité et la politique. S’il faut dire la vérité en politique, celle-ci n’est pas toujours bonne à dire ! François Bayrou reconnaît que les français n’ont pas toujours envie de l’entendre. Il reconnaît aussi que les hommes politiques, comme Pierre Mendès-France, Raymond Barre ou Jacques Delors, qui ont adopté une démarche de vérité, n’ont pas eu les succès politiques escomptés. François Bayrou se rassure en notant que l’Histoire les retiendra, plus que les opportunistes et les cyniques qui ont gouverné à leur place. Il n’empêche ces échecs posent un terrible dilemme à l’homme politique, dont on pressent qu’il n’épargne pas totalement François Bayrou ; à quoi bon dire la vérité si celle-ci écarte du pouvoir, c’est à dire de la possibilité de peser sur les événements ? Reste la fonction d’éveilleur que revendique François Bayrou, mais peut-elle satisfaire totalement l‘homme d’action ?

Ces interrogations ne sont pas nouvelles. Max Weber les avait posées, dans la conférence sur « le métier et la vocation d’homme politique » qui figure dans « Le savant et le politique », à travers la fameuse distinction entre « l’éthique de conviction » et « l’éthique de responsabilité ». L’éthique de conviction dont le partisan ne se soucie pas des conséquences de ses actes, est à l’évidence l’apanage du politique car, « il est vrai, la politique se fait avec la tête. Mais il est tout aussi vrai qu’on ne la fait pas uniquement avec la tête ». Au terme d’une démonstration dans laquelle Max Weber fustige le comportement irresponsable de ceux qui suivent l’éthique de conviction, il conclut, néanmoins, en affirmant la compatibilité des deux éthiques. « La politique consiste en un effort tenace et énergique pour tarauder des planches de bois dur. Cet effort exige à la fois de la passion et du coup d’œil ».

En tout état de cause, on remerciera François Bayrou d’avoir livré un livre qui apporte une réflexion aussi intéressante et aussi nécessaire.

 

* « De la vérité en politique », Plon.

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 15:20

tribune2

Le Président de la République et le gouvernement viennent d’annoncer leur intention de légiférer par ordonnances. Par principe, mais aussi par fonction (difficile pour un député de justifier son dessaisissement !), je suis hostile à cette solution qui, de fait, contourne le Parlement en privant les députés et les sénateurs de leur droit d’amendement. Seule l’incapacité du Parlement à légiférer dans des délais raisonnables pourrait justifier cette pratique, qu’au passage la gauche n’a cessé de dénoncer, à juste raison, quand elle était dans l’opposition .

De ce point de vue, il est vrai que le calendrier parlementaire est extrêmement chargé. Telle une bouteille de Ketchup qui vient de se libérer, les projets de loi affluent sur les bureaux des deux assemblées. Pour autant, il me semble possible d’accélérer très significativement le rythme d’examen de ces textes, en les calibrant au mieux et en ayant recours à tous les moyens de procédure qu’offre le règlement des assemblées.

Sur le premier point, Le gouvernement pourrait être plus sélectif dans les projets qu’il entend soumettre à la représentation nationale. Il pourrait aussi n’y faire figurer que les dispositions essentielles et donc limiter le nombre d’articles en discussion. Certains projets s’annoncent comme de véritables cathédrales législatives, je pense, notamment, au projet de loi sur la décentralisation qui comporte 124 articles. Il est clair qu’un tel monstre risque d’embouteiller le Parlement pendant plusieurs semaines !

Sur le deuxième point, le gouvernement pourrait utiliser beaucoup plus les ressources que lui offre la procédure parlementaire, notamment ce que l’on appelle « le temps programmé ». Cette disposition introduite lors de la révision constitutionnelle de 2008 permet à l’avance de limiter le temps d’examen des textes législatifs en séance. Les socialistes s’étant opposés, à mon avis à tort, à cette réforme, rechignent à l’appliquer. Pourtant, il serait préférable de sauvegarder les pouvoirs du Parlement plutôt que de subir l’obstruction de l’opposition qui, in fine, menace le calendrier parlementaire et conduit aux ordonnances! Le gouvernement ne doit pas hésiter à utiliser tous les pouvoirs dont il dispose pour accélérer l’examen des textes.

On pourrait aussi utiliser mieux les semaines réservées aux propositions de loi, à travers une collaboration plus étroite entre le gouvernement et les groupes de la majorité pour favoriser l’adoption de texte inscrit à l’agenda gouvernemental. Enfin, le Parlement doit siéger plus longtemps, au minimum trois jours dans la semaine. Bref, il est possible selon moi, d’accélérer le rythme d’examen des textes gouvernementaux. Ce n’est qu’après avoir épuisées toutes les possibilités en ce sens que le recours aux ordonnances pourrait être envisagé.    

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 16:07

J'ai posé ce jour une question d'actualité au Ministre des affaires européennes, M. Bernard CAZENEUVE, au sujet du conseil européen qui va avoir lieu les 14 et 15 mars prochains.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:56

382063350_ffc79ac4f9.jpgDifficile d'y voir clair après l'avis du Conseil d'Etat sur le non- cumul des mandats. Le mieux serait que le gouvernement publie cet avis, comme le souhaitaient les socialistes lors de la révision constitutionnelle de 2008. Ils avaient demandé, alors, la publication des avis du Conseil d'Etat sur les projets de loi gouvernementaux. En l'occurrence, celle-ci permettrait de clarifier le débat et éviterait les fuites plus ou moins bien intentionnées.

La position du Conseil d'Etat semble indiquer qu'il ne serait pas possible d'interrompre un mandat en cours par une disposition restreignant le cumul des mandats. Si cette interprétation était confirmée cela signifierait qu'il faudrait attendre 2017 pour appliquer la réforme aux députes. En revanche, il serait envisageable de la mettre en œuvre dès septembre 2014 pour les sénateurs puisque la moitié d'entre eux seront renouvelés à cette date. On ne comprendrait pas que le gouvernement reporte cette échéance qui permettrait au moins d'afficher un début d'application du non-cumul des mandats en 2014, comme s'est engagé le Premier ministre. 

Sur le fond l'interprétation du Conseil d'Etat semble autant ressortir de l'expérience que du droit. En réalité, le Conseil constitutionnel ne s'est jamais prononcé sur le cas de figure que poserait une application du non-cumul des mandats dès 2014 puisque, jusqu'à présent, il ne s'est pas posé! Le législateur a, en effet, toujours privilégié comme date d'application la fin du mandat parlementaire. Le Conseil constitutionnel érigerait-il cette pratique en règle? C'est discutable. Il ne s'agit pas, en effet, d'interrompre autoritairement un mandat en cours, mais d'acter un choix à l'occasion du renouvellement d'un des deux mandats. Doit-on privilégier la poursuite du mandat local ou du mandat parlementaire ? Le non- cumul des mandats interdira à un député ou un sénateur d'être maire ou président d'un exécutif local, comme il interdira à un maire ou à un président d'exécutif local d'être député ou sénateur. En 2017 un maire devra renoncer à terminer son mandat s'il veut siéger à l'Assemblée nationale, comme un député serait amené à quitter l'Assemblée nationale en 2014 pour être maire si la loi sur le non-cumul s'appliquait à cette date. 

L'avis du Conseil d'Etat n'épuise pas, à mon sens, le sujet. Mais pour en juger, le mieux serait de le connaître...

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 14:03

Ré-écouter le journal de France Culture du 14 février où j'étais invité. Plusieurs sujets     d'actualité y sont abordés : la question du chômage qui augmente (à partir de 6 minutes 30) et Pôle emploi, les hauts revenus et la taxe de 75% qui a été rejetée par le conseil constitutionnel (à partir de 11 minutes 30), la récession et les mesures d'austérité (à partir de 14 minutes) et la réforme bancaire (à partir de 21 minutes 36).

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 09:14

LE MONDE – 12/02/2013

Par Hélène Bekmezian

 

La nécessité d'une réforme constitutionnelle, défendue par M. Bartolone, est contestée au PS

Le Parti socialiste voulait se l'appliquer en 2010, puis 2012, et le généraliser en 2014. Mais une nouvelle fois, le cap pour l'application du non-cumul aux parlementaires est repoussé : ce sera probablement 2017.

Un report que le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, dans un entretien accordé au journal Libération, le 7 février, justifie par la nécessité de réviser la Constitution pourappliquer la réforme.

Ce nouvel argument juridique, qui n'avait jusqu'ici jamais été sérieusement évoqué, découle de la condition posée par M. Bartolone pour appliquer cette loi qui prévoit qu'un élu ne puisse cumuler sa fonction de parlementaire avec un mandat exécutif local : "Je veux que l'on ait la certitude que pour les parlementaires qui choisissent un mandat local, le suppléant puisse prendre leur place (...) je n'ai aucune envie d'avoir en 2014 une trentaine ou plus d'élections partielles", avait-il expliqué le 2 décembre 2012.

Aujourd'hui, les suppléants ne peuvent remplacer les députés qu'en cas de décès ou d'accès à des fonctions ministérielles, selon l'article 176 du code électoral. Pour réformer cela et autoriser qu'un député quittant son siège pour devenir maire soit automatiquement remplacé par son suppléant, "il y a un risque de devoir modifier la Constitution", précise-t-on à la présidence de l'Assemblée. "C'est pile ou face et le président Bartolone ne veut pas prendre ce risque", ajoute-t-on. Un prétexte "gros comme une maison", selon un élu de gauche pour qui il s'agit d'un pur "accord politique pour gagner du temps" : "C'est du "encore un instant monsieur le bourreau"", ajoute-t-il, presque amusé.

LOI ORGANIQUE

Le député Christophe Caresche (PS, Paris) ne partage pas non plus l'avis de M. Bartolone. D'après son analyse, qu'il développe sur son blog"le régime des suppléants des parlementaires ne relève pas de la Constitution mais d'une loi organique". Le ministre des relations avec le parlement, Alain Vidalies, avait lui aussi privilégié cette interprétation de la loi, estimant, le 12 décembre, que "cette réforme n'était pas constitutionnelle".

"Le vote d'une telle loi ne nécessite pas de réunir une majorité de trois cinquième, ni même de recueillir l'accord du Sénat, poursuit M. Caresche sur son blog. Il convient seulement qu'en dernière lecture la loi organique soit votée par la majorité des membres de l'Assemblée nationale et non pas uniquement par la majorité des votants. La gauche dispose de cette majorité."

"Cela ne relève pas de la Constitution, appuie Jean-Jacques Urvoas (PS, Finistère), président de la commission des lois, spécialiste de droit constitutionnel et opposant au cumul. Je pense que c'est une loi organique et d'ailleurs, si cela avait posé un problème constitutionnel, le comité Jospin l'aurait soulevé." Cela n'a pas été le cas.

"NE PAS SE PRÉSENTER AUX MUNICIPALES"

 Au vu des réticences exprimées par nombre de parlementaires – au Sénat mais pas seulement –, le choix de s'accorder trois nouvelles années de délai pour appliquer la loi semble surtout guidé par une prudence politique, d'autant que François Hollande a rappelé, le 16 janvier, que cette réforme concernerait "l'ensemble des parlementaires", "quelle que soit la taille de la collectivité locale concernée".

Enfin, une autre solution pour faire passer la loi dès 2014 est évoquée par M. Caresche: "Suggérer aux députés concernés de ne pas se présenter aux élections municipales. Ce serait simple et conforme aux engagements qu'ils ont pris devant les militants du PS et les Français." A un an des élections, un certain nombre de jeunes élus PS commencent déjà à lorgner sur la mairie de leur circonscription et seraient tentés de se présenter pour les municipales si la loi ne passe pas d'ici là.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 22:00

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A mesure que s’approche la réforme du non-cumul des mandats de nouveaux éléments surgissent dans le débat. Surprenants parfois, comme celui qui consiste à estimer qu’il faudrait une réforme de la Constitution pour pouvoir l’appliquer dès 2014. La gauche  ne disposant pas d’une majorité suffisante pour cela, il faudrait donc attendre 2017 pour qu’un parlementaire soit contraint de choisir entre son mandat exécutif local et son mandat de député ou de sénateur. CQFD.

Mais au fait, pourquoi serait-il nécessaire de modifier la Constitution ?

Certains redoutent que, la loi sur le non-cumul des mandats s’appliquant dès les élections municipales de 2014, un certain nombre de députés choisissent leur mandat de maire et quittent l’Assemblée nationale. Cela déclencherait une série d’élections partielles au résultat incertain pour la majorité. Que faire pour éviter ce « cauchemar »?

Une première réponse consisterait à suggérer aux députés concernés de ne pas se présenter aux élections municipales. Ce serait simple et conforme aux engagements qu’ils ont pris devant les militants du Parti socialiste et des Français.

Mais, sans doute pour palier les faiblesses humaines qui font le quotidien de la politique, une deuxième réponse a été donnée à cette question. Elle figure dans le rapport « Jospin » sur les institutions. Il s’agirait d’introduire une réforme de la suppléance des députés, de telle sorte qu’un député quittant son siège pour devenir maire soit automatiquement remplacé par son suppléant. Rappelons qu’aujourd’hui les suppléants ne remplacent les députés qu’en cas de décès ou d’accès à des fonctions ministérielles.

Pour certains, cette réforme qui permettrait de sécuriser l’application du non cumul des mandats dès 2014 nécessiterait de modifier la Constitution.

Qu’en est-il exactement ?

On constatera, tout d’abord, que la commission « Jospin » composée de juristes reconnus n’évoque pas cette hypothèse. Et pour cause… Le régime des suppléants des parlementaires ne relève pas de la Constitution mais d’une loi organique. L’article 25 de la Constitution stipule qu’une loi organique « fixe les conditions dans lesquelles sont élues les personnes appelées à assurer, en cas de vacance du siège, le remplacement des députés ou des sénateurs… ». Rien de plus clair. Le vote d’une telle loi ne nécessite pas de réunir une majorité de trois cinquième, ni même de recueillir l’accord du Sénat. Il convient, seulement, qu’en dernière lecture la loi organique soit votée par la majorité des membres de l’Assemblée nationale et non pas uniquement par la majorité des votants. La gauche dispose de cette majorité.

Peut-on invoquer la jurisprudence du Conseil constitutionnel, qui pourrait faire obstacle à cette réforme ? En cette matière il convient d’être toujours très prudent. Mais deux objections méritent d’être examinées.

La première consiste à considérer que les députés ayant été élus avec leurs suppléants alors que la loi n’était pas en vigueur, celle-ci ne peut pas leur être appliquée. Cet argument semble très fragile, car contraire aux décisions que le Conseil constitutionnel a déjà prises sur une question similaire. En 2008 le régime des suppléants des députés devenus ministres a été modifié pour permettre à un ministre de retrouver son siège de député automatiquement en évitant une élection partielle. La loi s’est appliquée immédiatement alors que les députés avaient été élus avant son adoption.

Autre objection, le Conseil Constitutionnel pourrait considérer cette réforme comme une manœuvre électorale. Cet argument n’est pas, non plus, convaincant. Le mode de scrutin municipal restera, bien entendu, inchangé. Il s’agit, seulement, de ne pas altérer la composition de l’Assemblée nationale qui pourrait être modifiée par la multiplication d’élections partielles liées à la limitation du cumul des mandats. Il paraît difficile de considérer la réforme de la suppléance comme une manœuvre puisqu’elle vise précisément à préserver la composition de l’Assemblée nationale telle qu’elle a été élue en 2012 !

Rien ne fait obstacle, selon moi, à la mise en œuvre de la réforme sur le non-cumul des mandats dès 2014 pour les élections municipales. Il est vrai que dans cette hypothèse les députés élus en 2012 seront condamnés à rester à l’Assemblée nationale jusqu’à la fin de la mandature. Il y a des situations moins enviables…

 

 

 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 11:10

Caresche France BleuRé-écoutez l'émission de France Bleu (107.1) du mercredi 23 janvier dernier lors de laquelle j'ai pu rappeler l'engagement de François Hollande sur le non-cumul des mandats.

J'ai aussi abordé d'autres questions : les relations franco-allemandes dans la construction européenne, l'intervention de la France au Mali, les prochaines municipales à Paris avec Anne Hidalgo et le mariage pour tous.

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 14:40
Retrouvez moi dans l'émission de Politique matin de LCP du lundi 7 janvier 2013 (à partir de 14 minutes). Je débats avec Bernard Debré, député de Paris UMP, du projet relatif au mariage pour tous et du rôle du législateur (à partir de 14 minutes).
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Bienvenue

Vous trouverez sur ce blog des infos sur mon travail parlementaire, des commentaires sur l'actualité politique et quelques détails sur mes actions menées dans le 18e.

Depuis 2008, je me consacre uniquement au travail parlementaire puisque je m’applique le principe du mandat unique.

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Agenda - ma semaine

Cette semaine l’Assemblée se prononcera par scrutin public sur le projet de loi relatif à la santé et poursuivra les débats avec l’étude du projet de loi de finance rectificative pour 2015.

Quant à la commission des affaires européennes, elle auditionnera ce mardi 1er décembre à 17h, M. Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé de la Migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté, conjointe avec la commission des Affaires étrangères et la commission des Lois puis poursuivra son travail avec l’examen de propositions de résolution européenne sur le programme européen de sécurité présentée par Mme Marietta Karamanli et M. Charles de La Verpillière et examinera différents textes soumis à l’Assemblée nationale en application de l’article 88-4 de la Constitution.

Et la commission des finances auditionnera mercredi 2 décembre à 9h30, M. Didier MIGAUD, Premier président de la Cour des comptes, sur le rapport public thématique relatif au programme d’investissement d’avenir

Vendredi prochain, je serai dans le 18e à ma permanence et j’assisterai à l’inauguration des illuminations de noël lancées à l’initiative des commerçants de la place de Tertre (à 19h).

Connaissez-vous Francis Hollande ?

Mon clip de campagne, la CreschExperience a fait le buzz. Tous les grands médias en on parlé, le Monde, Libération, le Parisien, France Info, LCI, Dixhuitinfo.com, Skyrock, la chaine Parlementaire, Europe 1 (le lab), France Soir... Il a été visionné plus de 23000 fois sur You tube. Bref, un succès. Laissez vous guider vous-aussi par la CareschExpeirence....