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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 08:22

Comme beaucoup de députés de la majorité, j’imagine, j’ai mal vécu la manière dont le dossier Florange a été traité. Il ne s’agit pas d’états d’âme. Nous savions que gouverner serait difficile et supposerait du courage et quelques remises en cause. Nous y sommes. Non, le sentiment que j’éprouve est plutôt celui d’un rendez-vous manqué. Nous avons créé, nous mêmes, les conditions de l’incompréhension et de la déception, notamment chez les salariés. Nous aurions tort de passer cet épisode par pertes et profits et de ne pas en tirer toutes les leçons.

Sur le fond, la décision prise par le gouvernement est la seule qui permette de préserver les intérêts des salariés et un éventuel redémarrage des hauts fourneaux, même s’il faut reconnaître que cette perspective est hypothétique en raison des incertitudes qui pèsent sur le projet Ulcos. Ce n’est pas rien, comme l’a dit le Premier ministre, qui a dû mener un véritable bras de fer avec Mittal pour y parvenir. La solution de la nationalisation, qui, semble t-il, avait été sérieusement étudiée, était-elle une alternative ? Le Premier ministre a jugé, à juste titre, quelle serait très aventureuse avec un propriétaire récalcitrant et qu’elle ne donnait aucune garantie sur la pérennité de l’activité liée aux hauts fourneaux. L’Etat a, certes, beaucoup de pouvoirs, mais il n’a pas encore la capacité de rendre attractif un marché déprimé. Certains, qui manient désormais plus l’invective voire l’injure à l’encontre du gouvernement et des socialistes, veulent voir dans ce renoncement le symbole de la démission de l’Etat. Mais faut-il s’engouffrer dans une impasse sous prétexte de démontrer sa volonté d’agir ? Nous avons connu cela dans le passé et nous savons que la désillusion serait plus forte encore.

En réalité, ce qui a manqué dans la gestion de l’affaire de Florange, c’est la clarté. L’hypothèse de la nationalisation n’était pour certains qu’un bon moyen de faire pression sur Mittal, sans prendre conscience qu’elle suscitait une forte attente chez les salariés et qu’elle constituait pour une partie de la gauche une réelle perspective, à commencer par le ministre lui même ! Mittal aurait-il accepté l’accord sans cette menace ? Peut être pas, mais la confusion qui est apparue sur la finalité d’une éventuelle nationalisation ne pouvait que semer l’incompréhension et la méprise.

Plus profondément, cette affaire a révélé la nécessité d’assumer pleinement, sur le plan politique, l’orientation économique et sociale « réformiste » du gouvernement. Ma conviction est que la déception à l’égard des responsables politiques ne nait pas de leur supposé impuissance ou de leur renoncement face aux événements, mais du décalage entre leurs promesses et la réalité de ce qu’ils peuvent tenir. De ce point de vue, il faut rompre avec la « pensée magique » de la gauche radicale qui ne peut semer que la désillusion. La nationalisation n’est pas une fin en soi, elle n’est qu’une solution exceptionnelle et ultime, comme l’a justement rappelé le Premier ministre. C’est en cherchant à affirmer sa propre cohérence que la majorité trouvera les ressources pour réussir.

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Published by Christophe Caresche
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JM Rocchi 10/12/2012 10:00


Pour compléter votre analyse, je vous invite à prendre à compte quelques éléments qui expliquent pourquoi la décision du 1er Ministre n'est pas la bonne.


Aujourd'hui Arcelor Mittal est gravement endetté et c'est pour celà qu'il cherche à réduire par tout les moyens sont endettement (dégradation de ce groupe en novembre par les agences de notation
de BA1 à BAA3 ce qui veut dire aucune confiance dans ce groupe....). Arcelor-Mittal est gravement endetté car en 2006 (il y a 6 sans seulement) il a emprunté 20 milliards pour racheter ARCELOR.
En 2006, ARCELOR était le leader mondial de l'acier, rentable et en avance technologique dans plusieurs secteurs (tues pour pipe-lines, acier inox, tôles pour l'automobile...) - les salariés
d'Arcelor en avaient conscience et travaillaient dans ce sens: Bilan - la fusion a conduit à une dégradation des 2 parties.


Ce qui était attendu de ceuw dont le slogan était "le changement c'est maintenant", c'était un comportement différent du prédécesseur pour Gandrange. L'espoir aurait du être rendu aux salariés en
consiérant SERIEUSEMENT la preprise par CMI/Bernard SERIN, ingénieur de la métallurgie et qui connaissait parfaitement le site de Florange pour y avoir travaillé. La reprise aurait pu se faire
avec un groupe étranger risse et via la Banque Publique d'Investissements. Redonner l'espoir dans le travail de qualité aurait marqu" le changement. 

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Et la commission des finances auditionnera mercredi 2 décembre à 9h30, M. Didier MIGAUD, Premier président de la Cour des comptes, sur le rapport public thématique relatif au programme d’investissement d’avenir

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