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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 11:07

Nouvel Observateur /// Interview - Par Guillaume Stoll

 

S'il admet que les résultats du gouvernement tardent à produire leurs effets, le député PS Christophe Caresche appelle l'exécutif à amplifier les réformes. Interview.

 

La rentrée politique ressemble à un terrain miné pour le gouvernement. Entre des chiffres économiques en berne, une majorité qui menace d'exploser à la moindre étincelle et l'impopularité croissante du couple exécutif, le gouvernement entame un épisode politique crucial pour la suite du quinquennat. Christophe Caresche, député PS de Paris et proche de Manuel Valls, balaye les sujets sensibles de la rentrée.

La croissance est à l'arrêt, le déficit dérape et le couple exécutif est au plus bas dans les sondages : la rentrée ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices pour le gouvernement...

- La rentrée sera difficile tout simplement car les résultats tardent à être au rendez-vous. Pour autant, il ne faut pas en déduire qu'il faut changer de politique. Ce qu'il faut faire, c'est approfondir la politique qui est menée, notamment en complétant le pacte de responsabilité.

Alors que certains à gauche dénoncent la part trop belle faite au patronat dans le pacte de responsabilité, Manuel Valls évoque des "propos irresponsables". N'avez-vous pas peur de revivre une nouvelle fronde parlementaire à la rentrée ?

- Oui bien sûr, mais l'alternative que proposent les frondeurs creuserait encore un peu plus les déficits et dégraderait la compétitivité de nos entreprises. Relancer la demande aujourd'hui serait surtout un cadeau à l'économie et aux entreprises allemandes, et bénéficierait à l'importation plus qu'autre chose. Le problème de l'économie française est d'abord un problème d'offre. Le diagnostic qui a été fait par le rapport Gallois [remis au gouvernement en novembre 2012, NDLR] est toujours d'actualité : un certain nombre d'entreprises restaurent leur trésorerie avant d'investir. Le pacte de responsabilité sert justement à faire repartir l'investissement privé.

Comment les frondeurs peuvent-ils rentrer dans le rang, sachant qu'ils sont en train de bâtir les fondations d'un nouveau courant pour peser au sein du PS ?

- La situation de la France nécessite d'autres comportements politiques. On est dans une situation extrêmement grave et les Français attendent de la majorité au pouvoir qu'elle se rassemble, qu'elle soit unie et qu'elle soit responsable.

Quand Manuel Valls répète qu'il est "hors de question" de changer de politique économique, ça sonne un peu comme le "droit dans mes bottes" d'Alain Juppé en 1995. N'avez-vous pas peur de braquer l'opinion ?

- Il s'agit de ne pas changer d'orientation car elle est bonne. Mais je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut aller plus loin, qu'il faut d'autres réformes. On peut par exemple évoquer l'assouplissement des seuils sociaux dans les entreprises ou encore la question du travail le dimanche - la France n'a pas à se priver de toutes les opportunités pour relancer la croissance et la consommation. Ces sujets pourraient tout à fait être traités. En résumé, on garde le cap mais on ne reste pas statique pour autant.

La mesure d'allègement des cotisations payées par les salariés a été censurée par le Conseil constitutionnel début août. Quel geste peut faire le gouvernement pour soutenir le pouvoir d'achat dans le futur budget 2015 ?

- Pour ma part, je suis pour une réforme assez profonde des dispositifs qui concernent les ménages les plus modestes. Je suis notamment favorable à une fusion entre le RSA [le revenu de solidarité active, NDLR] et la prime pour l'emploi. La censure des Sages nous donne l'occasion d'une vraie réforme pour retravailler sur le budget 2015, afin de régler les difficultés qui découlent de la superposition de plusieurs dispositifs.

Que peut faire la France pour essayer de convaincre l'Allemagne, qui affiche toujours sa réticence à un soutien plus ferme à la croissance en Europe ?

- François Hollande doit continuer d'essayer de convaincre Angela Merkel. La vraie solution consiste à ce que les pays, qui ont des excédents budgétaires comme l'Allemagne, assument leur part dans la relance économique au niveau européen, et permettent à ceux qui sont en déficit - c'est le cas de la France - de pouvoir mener des politiques de consolidation budgétaire. En termes de coordination des politiques européennes, il faut être exigeant avec l'Allemagne pour qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas continuer d'accumuler des excédents extérieurs absolument considérables [198,9 milliards d'euros d'excédent commercial en 2013, NDLR] sans qu'ils ne soient réinvestis dans la croissance en Europe.

Mais cette exigence vis-à-vis de l'Allemagne n'est tenable que si, parallèlement, la France met en œuvre une politique de réformes et de consolidation budgétaire. Les deux vont de pair. Dénoncer l'Allemagne uniquement pour se mettre à l'écart des efforts budgétaires, ça serait totalement suicidaire et incompris par Berlin.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a jugé récemment "inévitable" d’abandonner l’objectif d’un déficit public de 3% du PIB en 2015. Partagez-vous sa position ?

- On peut discuter du rythme pour atteindre les 3%. Aujourd'hui, il est clair que personne ne croit que l'on respectera notre engagement européen l'année prochaine. Il est nécessaire que la France montre des gages de sa volonté de poursuivre son effort. On doit donc pour cela aller jusqu'au bout de la mise en place du pacte de responsabilité qui engage 50 milliards d'économies.

Concernant la carte des régions, qui cristallise les mécontentements de plusieurs élus locaux, est-il possible de surmonter le blocage ?

- Je trouve que la position à laquelle est arrivée l'Assemblée nationale est assez bonne. La nouvelle carte a un bon équilibre même si on aurait pu aller plus loin, notamment en fusionnant la Bretagne aux Pays de la Loire. Il fallait fusionner des régions pour qu'il y en ait moins, et c'est ce que nous faisons.

Propos recueillis par Guillaume Stoll, mardi 19 août - Le Nouvel Observateur

C Caresche dans le Nouvel Observateur : "Les frondeurs creuseraient encore un peu plus les déficits"

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Published by Christophe Caresche
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Et la commission des finances auditionnera mercredi 2 décembre à 9h30, M. Didier MIGAUD, Premier président de la Cour des comptes, sur le rapport public thématique relatif au programme d’investissement d’avenir

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