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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 09:35
La politique monétaire, grande oubliée des débats français

Atlantico publie ce lundi 7 avril une interview croisée à laquelle j'ai participée, avec Nicolas Goetzmann, journaliste économique et Matthieu Mucherie, éconimiste de marché sur le sujet de la politique monétaire, grande oubliée des débats francais. L'occasion de donner quelques arguments à Manuel Valls qu'il pourrait utilement lire avant de mettre la touche finale à son discours de politique générale.

Le Premier ministre tiendra son discours de politique générale mardi. L'occasion peut-être d'aborder la politique monétaire... Véritable levier de croissance apprécié par le pragmatisme anglo-saxon, la "manipulation" de la monnaie reste taboue en France.

Atlantico : Manuel Valls doit tenir son discours de politique générale mardi. Parmi les thèmes laissés de côté par les gouvernants de tous bords, on compte la politique monétaire. Avant tout, qu'est-ce qu'une politique monétaire, comment fonctionne-t-elle et quelle est, in fine, son utilité ?

Nicolas Goetzmann : Une politique économique repose sur deux jambes ; une jambe budgétaire et une jambe monétaire. Ces deux jambes sont liées et interdépendantes, mais ont des fonctions différentes. Pour schématiser, on peut considérer que le monétaire est en charge de la conjoncture économique et le budgétaire de la structure.

D’un côté la politique monétaire a le contrôle de ce que l’on appelle la « demande », c’est-à-dire de la somme de la croissance et de l’inflation. Ainsi, une banque centrale qui a la charge de la politique monétaire a la possibilité d’impulser la demande qu’elle souhaite dans l’économie, en agissant par la voie de l’offre de monnaie. De l’autre côté le pouvoir budgétaire va agir sur la structure de l’économie, ce qui aura pour effet de transformer la « demande » soit en croissance soit en inflation.

Pour prendre un exemple, si la banque centrale décide d’augmenter l’offre de monnaie, cela va agir sur la demande. Si la politique budgétaire n’est pas efficiente, ce surplus de demande va surtout produire de l’inflation et peu de croissance, ou même, comme cela a été le cas dans les années 1970, de l’inflation uniquement et pas de croissance du tout. C’est notamment le cas lorsque la banque centrale décide d’aller toujours plus loin alors que le plein emploi est atteint, l’économie marche en surrégime et l’inflation progresse rapidement.

C’est la situation inverse qui s’applique actuellement, avec une très faible demande et un chômage très élevé, ce qui montre que nous sommes très loin de tout risque inflationniste et qu’il existe une très large marge de manœuvre pour une banque centrale pour impulser de la « demande ». Il est tout à fait curieux de considérer que la France serait vouée à la stagnation, car si une banque centrale appliquait la demande « supportable » pour le pays, la France serait en capacité de supporter des taux de croissance de 3%, et qui ne provoqueraient pas d’inflation supérieure à 2%. 

Christophe Caresche : La politique monétaire est dominée depuis des années par une doctrine monétariste qui prône l'abandon des politiques monétaires jugées inutiles et contre-productives pour la croissance économique. Selon cette conception le seul rôle de la banque centrale est de maîtriser l'inflation par une politique de taux d'intérêt. La politique monétaire doit donc être "neutre", cette neutralité étant garantie par une banque centrale mise à l'abri de toute interférence politique. Cette conception a prévalu lors de la création de l'euro et de la BCE pour des raisons idéologiques mais aussi politiques. L'Allemagne n'a accepté de renoncer au mark qu'en échange d'une réelle indépendance de la banque centrale européenne dotée d'un mandat très restrictif. Le souvenir de l'hyper-inflation d'avant-guerre mais aussi le fait que la population allemande vieillissante est très attentive à ce que l'inflation ne détruise pas son épargne expliquent cette position.

Mathieu Mucherie : Conduire une politique monétaire, c’est piloter la chose la plus importante et la plus potentiellement dangereuse dans une économie, la monnaie. Avant de parler des instruments (taux d’intérêt, taux de changes…), il faut savoir deux choses :

a/ Quels sont les objectifs ;

b/ Qui crée de la monnaie de nos jours.

Ces deux points sont systématiquement écartés des débats, d’où leur caractère nébuleux. Les objectifs, c’est la stabilité des prix (entendue comme une inflation faible mais non nulle, compatible avec les réalités de l’illusion nominale et avec les dangers de la déflation) et, sous réserve que cette stabilité soit assurée, une action contra-cyclique en faveur de la croissance (c’est la lettre même du Traité européen). Ne pas remplir ces objectifs plusieurs années de suite est une faute lourde pour un banquier central, fut-il indépendant et fut-il dans une situation compliquée en zone euro : car cela équivaut à se moquer du mandat, donc c’est se moquer des gens et de leurs représentants. Mais, me direz vous, les banquiers centraux ne sont pas seuls responsables : dans le système actuel, les banques commerciales créent 90% de la monnaie, donc si elles ne distribuent plus les crédits, il est logique que l’inflation soit au point mort et la croissance absente. Ce qui me conduit au 2e point. Oui, les banques détruisent de la monnaie quand elles réduisent leur bilan. Mais raison de plus pour que la banque centrale agisse. C’est ce que la FED et toutes les banques centrales de la planète (à l’exception de la BCE) ont fait, à travers des achats massifs d’actifs et divers techniques bien documentées. Mais ce que la Suisse ou la Chine ou la Suède ou l’Angleterre peuvent faire pour stabiliser leur activité et ne pas trop tomber en déflation, il n’en est pas question dans une zone euro dominée par l’Allemagne.

Lire la suite de l'interview

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Published by Christophe Caresche - dans MEDIA - ACTUALITE
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